Retraites: Résistance partout jusqu'au retrait de la loi

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    "Le drapeau rouge flotte sur Strasbourg"

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    ramiro

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    Date d'inscription : 28/09/2010

    "Le drapeau rouge flotte sur Strasbourg"

    Message  ramiro le Sam 20 Nov - 14:00


    Novembre 2010, des habitant-es de Strasbourg qui se sont rencontré-es lors du mouvement sur les retraites se souviennent des luttes du temps passé, se souviennent de l’épisode oublié des "Conseils d’ouvriers et de soldats" de 1918.

    La grande guerre se termine...

    Fin de la guerre de 14/18, l’Europe est exsangue, en France et en Allemagne, les soldats ne veulent plus servir de chair à canon et jurent « plus jamais ça ! ». Dans plusieurs grandes villes allemandes des ouvriers et des soldats prennent le pouvoir pour imposer une autre société, libérée de l’oppression du monde ancien. Beaucoup d’alsaciens servent dans la marine impériale. Certains d’entre eux sont gagnés aux idées socialistes ou anarchistes, influencés par la révolution russe et le mouvement ouvrier allemand, ils prônent des idées pacifistes et internationalistes. Sur la Baltique, le 3 novembre 1918, plusieurs milliers d’entre eux se révoltent et s’organisent en assemblées autogérées et démocratiques.

    ...Strasbourg se réveille

    A Strasbourg, le climat est lourd, la situation politique confuse. La population est excédée par la guerre, la récession et le coût de la vie. Le 8 novembre 1918, une manifestation est organisée place Kléber. Les manifestants ne veulent plus de l’Empire allemand, rejettent le pouvoir français et veulent imposer une société plus juste et plus égalitaire. Le même jour, un train d’insoumis alsaciens est bloqué au pont de Kehl. Un commandant loyaliste fait ouvrir le feu et un soldat meurt. Ses camarades prennent le contrôle de la ville puis traversent le Rhin. La bourgeoisie strasbourgeoise a peur de ces soldats qui veulent imposer un pouvoir populaire. Certains riches allemands en oublient leurs réflexes nationalistes et guerriers. « Plutôt français que rouges ! » disent ceux qui en appellent aux troupes françaises.

    Les marins alsaciens créent le « Conseil de soldats de Strasbourg », exigent la libération des déserteurs détenus, la liberté de la presse et d’expression, la levée de la censure sur le courrier. La ville se couvre de drapeaux rouges, l’un d’entre eux flotte même sur la cathédrale ! Les travailleurs de la ville rejoignent l’assemblée. Le « Conseil des ouvriers et soldats », présidé par le secrétaire du syndicat des ouvriers brasseurs annonce l’abdication de Guillaume II, à Berlin, et proclame l’avènement d’un pouvoir populaire à Strasbourg, il décide immédiatement d’augmenter les salaires et de baisser la durée de la journée de travail. Une trentaine de commissions organisent la vie quotidienne : transports gratuits, aides financières aux plus pauvres, distribution équitable du ravitaillement, démobilisation des soldats, justice pour tous, etc. Les cheminots revendiquent une autre organisation du travail.

    L’armée française rétablit l’ordre

    Les élites locales ne voient pas d’un bon œil ce mouvement populaire. D’autant plus que ses idées de liberté circulent. Des conseils similaires sont créés à Haguenau, à Colmar et à Mulhouse. A Saverne et Sélestat les soldats se mutinent. En Lorraine, les immigrés italiens se joignent au mouvement. A Metz, le conseil populaire siège à l’hôtel de ville. Les ouvriers prennent les usines en charge, les mines sont occupées, des mesures pour améliorer la vie des travailleurs sont immédiatement prises.

    Le 22 novembre 1918, l’armée française entre dans Strasbourg. Le Conseil d’ouvriers et de soldat déclare qu’il « a rempli sa mission, même si, compte tenu des circonstances, il n’a pu réaliser son idéal politique ». Il décide de remettre l’autorité militaire entre les mains du commandement français. Celui-ci fait savoir qu’il ne reconnaît ni le « Soviet des ouvriers et soldats », ni aucune des mesures qu’il a édictées. La troupe s’empare des usines, les décrets sociaux sont annulés, les salaires ramenés à leur niveau de septembre 1918 et les «agitateurs» sont traqués et expulsés. Le retour à l’ordre sonne le glas d’une expérience politique humaniste et progressiste sans précédent. Elle est de celles que nous ne devons jamais oublier.

    Aujourd’hui, celles et ceux qui luttent pour une société meilleure se souviennent et revendiquent l’héritage des assemblées populaires de Strasbourg !

    et le montrent dans les rues de Strasbourg

    en affichant les déclarations des insurgés de 1918 et en hissant les couleurs de la révolte rue du 22 novembre .

    voir les photos sur "Bellaciao"
    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article110777

      La date/heure actuelle est Mer 21 Nov - 16:33