Retraites: Résistance partout jusqu'au retrait de la loi

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    La Maison de la grève à Rennes pour une coord des AGs interpro de Bretagne

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    Xavier Marchand

    Messages : 63
    Date d'inscription : 27/09/2010

    La Maison de la grève à Rennes pour une coord des AGs interpro de Bretagne

    Message  Xavier Marchand le Jeu 4 Nov - 0:40

    La Maison de la Grève de Rennes

    - Contacts :agi-rennes@riseup.net07 86 14 88 22 -

    Pour se rendre à la Maison de la Grève :
    Rue de la Barbotière, arrêt de bus Paul Bert, lignes 4, 6 et 11


    La Maison de la Grève de Rennes appelle à une coordination des assemblées inter-professionnelles de Bretagne...


    L'heure de la défaite ne sonnera pas. Les liens, les solidarités et les
    formes de lutte pratiqués ces deux dernières semaines désencombrent
    l'horizon. Les limites et hésitations que nous avons rencontrées ne nous
    amputent pas. Au contraire, elles viennent nourrir nos expériences et une
    histoire commune. Aujourd'hui, comment continuer la grève ? Quels rythmes
    adoptons nous pour ne pas s'épuiser en quelques jours ? Comment peuvent
    faire grève ceux qui n'en n'ont même pas la possibilité ? Quelles cibles
    envisagées ? Quelle coordination pouvons nous mettre en place ?

    Pour toutes ces questions, nous appelons à une coordination régionale
    inter-professionnelle dimanche 7 novembre, à partir de 10h30. Cette
    invitation s'adresse à tous ceux – syndiqués ou non syndiqués, salariés,
    chômeurs, lycéens, etc. - qui veulent penser ensemble comment continuer la
    grève.


    Jusqu'au début du mouvement contre la réforme des retraites, un sentiment
    général d'impuissance n'a pas cessé d'accompagner les dernières grèves.
    Rien d'étonnant quand les dispositifs législatifs (service minimum,
    préavis de grève obligatoire, etc;) et la frilosité des bureaucraties
    syndicales s'accordent pour vider la grève de sa portée conflictuelle, de
    son caractère d'arrêt de la production, pour n'en retenir qu'une forme
    symbolique.
    Ces deux dernières semaines, quelque chose a changé. Ce sentiment
    d'impuissance a désormais cessé. Le mouvement anti-CPE de 2006 avait
    diffusé le mot d'ordre de « blocage des flux », la grève générale de 2008
    en Guadeloupe l'a pratiqué à l'échelle d'une île entière. Et,
    aujourd'hui, le blocage se répand comme la forme de lutte minimale
    rendant à la grève sa puissance et son effectivité : la suspension,
    l'arrêt de la machine économique.
    Au blocage s'ajoutent des pratiques presque oubliées. Alors que le
    capitalisme nous démunit de toutes solidarités et organisations
    collectives, nous isole par une gestion de la crise toujours plus
    draconienne, la grève a été l'occasion de gestes communs. Il s'agit des
    assemblées inter-professionnelle pour partager – par-delà les
    corporatismes et identités socio-professionnelles – nos analyses de la
    situation et coordonner nos actions, des caisses de grèves pour
    s'entraider financièrement, des cantines de grévistes alimentées par des
    paysans en lutte, l'occupation de locaux vides pour doter la grève d'une
    Maison commune et imaginer conséquemment comment faire durer la grève.

    Ce mouvement de grève est né de la contestation de la réforme des
    retraites et annonce une série d'autres (réforme sur la sécurité sociale,
    sur le chômage, etc.) qui feront de nos vies un plan d'austérité. Dans
    les manifestations, devant les piquets de grèves, sur les actions de
    blocage, beaucoup se demandaient si nous laisserons la rationalité
    économique broyer toujours plus nos conditions d'existence.

    Pourtant rien de cela n'a pu empêcher la reprise du travail. D'un côté,
    les centrales syndicales ont refusé d'assumer le rapport de force en
    appelant à des journées d'actions nationales très espacées. De l'autre,
    un sentiment d'épuisement a gagner les grévistes confrontés aux
    tentatives médiatiques, politiques et policières de remettre le pays en
    marche. Logiques tentatives quand ce qui éclate aux yeux de tous c'est
    l'évidence que les savoirs et capacités réels d'arrêter l'économie sont
    aux mains des grévistes.
    Les raffineries ont su donner le ton. Désormais, nous savons que le nerf
    de la guerre se situe à l'endroit des infrastructures logistiques et des
    flux économiques qui nourrissent le pays. A l'heure où la crise est
    utilisée pour nous rendre toujours plus productifs, une des forces de
    cette grève est d'éprouver collectivement que nos connaissances partagées
    nous donnent les possibilités de tout arrêter.
    Ce que nous créons depuis deux semaines – les liens, les solidarités, les
    formes de luttes, ne sont pas à laisser à eux-mêmes sous prétexte d'un
    retour au travail. Puisqu'ils sont la matière de nos victoires à venir.
    S'en ressaisir et les faire grandir s'imposent à quiconque croit et veut
    imaginer d'autres possibilités que cette réalité capitaliste.

    A Rennes, c'est dans cette perspective que nous occupons la Maison de la
    Grève. Ces deux dernières semaines nous ont inscrit dans un processus qui
    ne cesse pas aux premiers signes d'essoufflement. Si nous étendons et
    densifions ce qui est né depuis le début de cette grève, nous n'aurons
    pas à attendre la prochaine réforme pour tout recommencer. Au contraire,
    nous pouvons être en mesure de décider de nos propre rythmes, de choisir
    quand et comment continuer l'offensive.

    Suite aux différentes assemblées inter-professionnelles de Rennes, trois
    pistes de réflexions sont proposées pour se donner des perspectives de
    luttes communes :
    1/ Il nous faudrait enquêter pour établir une cartographie des flux,
    secteurs et entreprises clés de l'économie rennaise. Ces connaissances
    techniques nous donneraient les moyens de la bloquer effectivement. Cette
    dynamique pourrait être reprise dans chaque ville et nous permettre de
    cordonner des actions entre plusieurs villes.
    2/ Ne pas arrêter veut dire rendre effectif les pratiques de solidarités
    directes qui ont commencé à se mettre en place. Pérenniser les caisses de
    grève, l'approvisionnement pour les cantines de grévistes et réfléchir
    aux autres structures dont nous aurions besoin pour faire durer la grève.
    Ce processus n'est possible que si nous nous attachons à multiplier les
    complicités entre personnes de divers secteurs et si nous recherchons
    ensemble comment peuvent faire grève ceux qui n'en ont pas la possibilité
    directe (des pistes commencent à fleurirent : techniques de coulage,
    grèves tournantes au sein d'une même boîte, blocages tournants grâce aux
    coordinations avec d'autres secteurs, etc. ).
    3/ La Maison de la Grève est un outil pour se doter d'un imaginaire
    commun. Nous entendons pas là des moments de débats, de films, de
    séminaires pour échanger sur ce que nous voulons, inventer d'autres
    horizons et d'autres manières de vivre plus désirable. A la maison de la
    Grève et dans d'autres endroits en France des nouvelles pratiques et
    formes d'organisations sont expérimentées. Leur donner de la consistance
    et les répandre est une arme indispensable pour une mise en échec
    pratique et politique du pouvoir.

    -L'assemblée inter-professionnelle de Rennes-


    Programme

    - Samedi 6/10 : 11h00, place de la gare, manifestation suivie d'une action
    de blocage
    19h00, apéritif et repas à la Maison de Grève
    - Dimanche 7/10 : à partir de 10h30, coordination.

    Si des personnes désiraient se rendre à Rennes dès samedi, il est possible
    de dormir à la Maison de la grève. Des repas seront prévus, ainsi qu'un
    espace pour enfants.
    Et bien entendu, si des villes d'autres régions souhaitaient participer à
    la coordination, elles sont les bienvenues.

    - Contacts :agi-rennes@riseup.net – 07 86 14 88 22 -

    Pour se rendre à la Maison de la Grève :
    Rue de la Barbotière, arrêt de bus Paul Bert, lignes 4, 6 et 11




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